| Date
de l'épisode : 23/03/2003
Endroit actuel : Victoria
Falls, Zimbabwe
Nombre de jours depuis le départ
: 188
Nombre de pays traversés
: 23
Derniers pays traversés
: Tanzanie, Zambie, Zimbabwe, Botswana
Nombre de kilomètres
réalisés : 31.623 km
Commentaires concernant le futur trajet :
Botswana, Namibie, Afrique du Sud
C’est à Kigali que nous
nous étions quittés au dernier épisode.
Nous avons passé de splendides moments dans ce
pays et cette ville où nous avons rencontré
beaucoup de personnes connaissant ou ayant vécu
en Belgique. Pour tous ceux qui connaissent Louvain-La-Neuve
(ville universitaire francophone en Belgique), le Bar
des Sauvages (bar africian de cette ville) est un des
grands souvenirs de beaucoup de Rwandais lors de leur
séjour en Belgique.
Encore merci à Patrick et Albert qui nous ont
si bien accueillis à Kigali.
Nous quittons le Rwanda avec comme objectif
la ville d’Arusha en Tanzanie en traversant
le Parc National du Serengenti et le cratère
de Ngorongoro. Nous rejoignons la Tanzanie et passons
par le sud du lac Victoria. A cet endroit, plus de routes
en goudron mais on retrouve des pistes en terre. Et
c’est là que va se passer un des moments
qui restera comme le plus mauvais souvenir de notre
voyage. François est au volant et un bus arrive
à pleine vitesse en face de nous. La piste est
étroite. François se range sur le côté
et le bus passe en trombe à côté
de nous. Nous continuons notre chemin. A nouveau, un
bus arrive en face de nous, François se range
et s’arrête sur le côté voyant
arriver le monstre. Le bus passe à côté
de nous mais se rabat trop rapidement. On voit la carroserie
du bus se rapprocher de plus en plus près de
notre Land Rover. Il la touche, la griffe et arrache
une partie de la carroserrie à l’arrière
de la voiture. Plus de peur que de mal, ce n’est
que de la carrosserie froissée. Le bus qui n’a
rien s’arrête et tous les passagers en descendent,
c’est-à-dire pas loin de cinquante personnes.
Comme par hasard, plus personne ne parle anglais dans
ce genre de moment. Ils ne parlent que Swahili. On finit
par trouver le conducteur qui ne veut nous montrer ni
papiers, ni assurances. La pression commence à
monter. Les voyageurs s’impatientent et veulent
repartir. On dit donc que l’on va ensemble au
poste de police le plus proche. Le bus démarre
en trombe, impossible de le suivre et on ne le reverra
plus. On décide d’aller porter plainte
au prochain poste de police que l’on croise. Un
policier note sur un papier, la marque de la voiture,
le numéro de la plaque de notre voiture, celle
du bus et le nom d’un de nos sponsors «
La Halle aux Bois » sur un papier. OK, on a compris,
on n’aura rien.
C’est un des plus mauvais souvenirs car malgré
le fait que l’on soit dans son droit, on se retrouve
impuissant face à la situation. Et en se retrouvant
entourés de cinquante personnes « contre
nous », on sent que l’on ne pourra rien
faire et qu’il vaut mieux abandonner.
Mais on a entendu pire par la suite. De Tanzaniens nous
ont dit que l’on avait bien fait de ne pas insister
avec la police car il aurait pu nous accuser d’avoir
causé un accident avec victimes et tant que le
contraire ne serait pas prouvé, on n’aurait
pas pu quitter le territoire, à moins de payer
une petite somme sous la table, évidement.
Comme quoi, on s’en est bien sorti vu la taille
du bus et on a pu rafistoler la voiture bon marché
lors de notre arrivée à Arusha.
Après cette mauvaise journée, nous reprenons
des couleurs avec la traversée du Parc
national de Serengeti et de Ngorongoro.
Le parc de Serengeti se trouve au sud et est la continuation
en Tanzanie de la Réserve Naturelle de Masai
Mara au Kenya. Un des caractéristiques de ce
parc est son immensité. Pendant deux journées,
nous parcourons des paysages avec des plaines à
perte de vue. Nous rencontrerons à nouveau des
centaines d’animaux : des lions, des éléphants,
des hyènes, des autruches, des phacochères,
des giraffes et encore bien d’autres. Le parc
du Serengeti et de Masai Mara sont connus pour la migration
annuelle des gnous. Ils sont chaque années près
de deux millions de gnous, accompagnés de zèbres,
de hyènes, et d’autres animaux à
descendre du Masai Mara au Serengeti et ensuite remonter
vers le Masai Mara à la recherche des points
d’eau et d’herbe fraîche. C’est
à la limite du Serengeti et du Ngorongoro que
nous trouverons des plaines ‘remplies’ de
gnous et de zèbres. Il y a tellement d’animaux
que l’horizon n’est qu’une tâche
noire de gnous et de zèbres. C’est à
couper le souffle.
Après avoir quitté le Serengeti, nous
sommes prêts à grimper les pentes du cratère
du Ngorongoro. Nous sommes prêts mais la voiture
a l’air beaucoup moins prête que nous. Le
témoin de batterie n’arrêtait pas
de clignoter et la température augmente à
vue d’oeil. Inspectant le capot, on se rend compte
que l’alternateur ne fonctionne que de temps en
temps. La voiture pourrait donc s’arrêter
net. Finalement, arrivés sur les bords du cratère,
nous décidons d’aller voir le cratère
le jour même, en se disant que la voiture ne va
pas nous lâcher dans un endroit si merveilleux.
Et de fait, c’est un endroit paradisiaque. Il
y a un lac en plein milieu du cratère et des
millions d’animaux vivent dans cet espace confiné
entre les parois abruptes du cratère. C’est
tellement beau et cela donne une telle impression de
sérénité que l’on se demande
si ce n’est pas l’endroit où s’est
échouée l’arche de Noé. On
a vu quelques parcs durant notre voyage et le cratère
de Ngorongoro restera un des plus beaux souvenirs.
Tant bien que mal, la voiture arrive à remonter
les pentes du cratère (on ne peut aller dans
le cratère qu’en 4x4) et nous ramène
dans un camping situé sur le sommet du cratére.
Nous y rencontrons un anglais mordu de Land Rover, qui
nous dit que nous avons eu de la chance de ne pas être
resté coincé en pleine route. Notre voiture
devait aussi trop apprécié le paysage
et ne voulait pas s’arrêter. Cela nous arrangeait
bien....
En pleine nuit, nous sommes réveillés
une première fois par des bruits étranges.
Ce sont deux hyènes qui ont dérobé
nos deux bidons d’eau en plastique que nous n’avions
pas rentrés dans la voiture. Le matin, nous retrouvons
les bidons à dix mètres de la voiture
complètement déchiquetés. Direction
poubelle.
Un peu plus tard dans la nuit, ce sont des ruminements
qui nous réveillent. Au pied de l’échelle
de notre tente de toit, quatre buffles sont en train
de brouter l’herbe fraîche de la pelouse
du camping. Nous sommes contents d’être
en hauteur. Nous les observons de longs moments.
Le 21 février, nous arrivons à
Arusha où nous sommes accueillis chez
Sarah, une amie de Pierre. Sarah nous fait découvrir
la ville, nous sort dans les restos, bars et boîtes
de la ville en compagnie de ses amis belges et canadiens,
nous donne le nom des bonnes agences pour le Kilimandjaro,
nous indique le nom d’un super garagiste qui nous
réparera l’alternateur, la carrosserie
(suite à l’accident) et les amortisseurs
(ils ont aussi souffert) pour la modique somme de 10
dollars et en un temps record de deux heures. Juste
pour le remercier, voici ses coordonnées «
Adson Motors, Adam N. Moshi, PO BOX 8078, Arusha, Tanzanie
». Thanks again Adam...
En quelques mots, nous sommes entre de bonnes mains
à Arusha.
Et c’est dans cette ville si calme d’Arusha
qu’à deux reprises, nous serons confrontés
au vol. Tout d’abord, nous nous promenons dans
la rue avec Sarah. Son téléphone sonne,
elle ouvre son sac et le laisse ouvert. Un petit gosse
de 12 ans met discrètement la main dans son sac
et ressort des billets. Mais François est juste
derrière et reprend les billets de la main du
gosse. Il est scié et part en courant. C’est
aussi lors d’un rock endiablé de Sarah
et Pierre que leurs deux GSM seront subtilisés.
Cette fois-ci, François n’était
pas là. Où traînait-il ? Trop tard,
les deux GSM, on ne les reverra plus.
Un de nos objectifs en venant à Arusha était
d’atteindre le sommet de la plus haute montagne
d’Afrique, le Kilimandjaro (5895m).
Nous décidons d’emprunter la route Machame
pour la montée et de redescendre par la route
Mekwa. Il s’agit d’un trekking de 6 jours
et 5 nuits sous tente. C’est le lundi 24 février
que nous entamons cette ascension. Pour le Kili, il
est obligatoire de passer par une agence pour les treks.
Nous nous retrouvons donc avec une guide Amani, un asistant
guide Samuel, un cusinier Neslon et trois porteurs.
Tout cela pour nous deux.
Le programme est le suivant :
• Jour 1 : Machame Gate (1700m) – Machame
Camp (3100m)
• Jour 2 : Machame Camp (3100m) – Shira
Camp (3800m)
• Jour 3 : Shira Camp (3800m) – Lava Tower
(4600m) – Baranco Camp (3950m)
• Jour 4 : Baranco Camp (3950m) – Barafu
Camp (4600m)
• Jour 5 : Barafu Camp (4600m) – Stella
Point (5745m) – Uhuru Peak (5895m) – Mekwa
Hut (3100 m)
• Jour 6 : Mekwa Hut (3100 m) – Mweka Gate
(1700m)
Il ne s’agit donc pas de la route principale,
la Marangu route. Bien que ce ne soit pas la route principale,
il y a énormément de monde. Il faut savoir
que chaque année, il y a plus de 15.000 personnes
qui tentent d’atteindre le sommet du Kilimandjaro.
C’est une vraie autoroute qui doit rapporter ds
millions de dollars à l’état vu
les prix demandés pour l’enrée au
parc (405 USD /pers pour les 6 jours et 5 nuits).
Les quatre premiers jours de l’ascension se passent
splendidement bien. Nous avons le bon rythme, pas de
problèmes d’altitude et on se sent en pleine
forme. Notre équipe est super sympa et notre
cuistot nous fait de top petits plats. On rencontre
plein de sportifs et moins sportifs voulant défier
le mont Kili. Le seul problème depuis le début,
c’est que François avait demandé
un sac de couchage à prêter à l’agence
et au lieu de lui donner un sac de couchage de montagne,
il s’est retrouvé avec un sac de couchage
« de plage ». Au fur et à mesure
que l’on prend de l’altitude, François
se bat donc avec son sac de couchage, une couverture
de survie et ses vêtements pour lutter contre
le froid.
C’est la veille du jour 4 (avant la montée
au sommet) que les choses se corsent. On va dormir à
18h00 car il faut se lever à minuit pour entamer
la montée finale. François se réveille
avec de la fièvre, les jambes en coton et mal
de tête.
C’est parti pour six heures minimum de montée.
Pierre suit le guide avec un rythme parfait. François
suit Pierre comme un automate en ne pensant qu’à
une chose : le sommet. La montée est longue et
interminable. A 5700m, c’est-à-dire 45m
avant le Stella Point, le bord du dôme, François
s’écroule d’épuisement. «
Je peux plus, mes jambes n’arrivent plus à
me porter ». Samuel, notre assistant guide attrape
François par le bras et l’aide à
monter les 45m jusque Stella Point. Quelques minutes
de repos et c’est reparti pour le sommet. Pierre
contiue son ascension et François continue à
tituber derrière lui durant les 150 derniers
mètres qui nous mèneront au sommet. Nous
sommes le vendredi 28 février, il est 6h09 du
matin pour Pierre et 6h10 pour François lorsque
nous atteignons Uhuru Peak, le sommet du Kilimandjaro
à 5895m, le sommet de l’Afrique. On l’a
fait et on en pleure de joie.
Nous ne restons que très peu de temps au sommet
vu le vent et les –15 degrés. Pierre a
les mains qui commencent à geler en voulant prendre
une photo et François a l’impression d’être
sorti toute la nuit tellement il ne tient plus sur ses
jambes. La descente vers le camp de base d’où
nous sommes partis ce matin sera un calvaire. Arrivés
sur place, François s’écroule dans
la tente. En se réveillant, la fièvre
est toujours présente. Vu son état, François
ne veut plus passer une nuit de plus dans son sac de
couchage de plage à 3100m. Nous redescendons
donc jusqu’en bas de la montagne et reprenons
la direction d’Arusha. Ce vendredi, nous aurons
donc fait un dénivellé de 1295m positif
et 4195m négatif. Nous sommes morts mais tellement
content.
Nous pasons le week-end à Arusha en compagnie
de Sarah et sa colocataire canadienne Andrea. Et aussi
de JP, Jean-Philippe, un ami belge de Sarah avec lequel
on passera d’excellents moments et on aura des
fou-rires interminables en relatant des anecdotes belges.
La santé de François ne s’améliore
pas pendant le week-end et dimanche, après une
pointe de température à plus de 40 degrés,
François va faire des examens dans un centre
médical d’Arusha. Diagnostic, pas de malaria,
pas de fièvre typhoide, rien sauf une bonne grippe.
Lundi, malgré les médicaments, la fièvre
ne descend pas. Retour au centre médical et nouveaux
examens. Diagnostic, il ne s’agit pas d’une
grippe mais d’une infection bactérienne.
Explication du docteur : « Cela s’attrappe
par les bactéries dans l’air ambiant. ».
Nous n’en saurons pas plus mais nous en venons
à la conclusion qu’il y a des bactéries
dans l’air au Kilimandjaro car c’est lors
de l’ascension du Kili que François s’est
choppé sa maladie. Incroyable, non ?
Trois injections à trois jours d’intervalles
et François est de nouveau sur pied. Nous quittons
avec grand regret Sarah qui nous a tellement bien soigné
(dans les deux sens du terme) durant tout ce séjour.
Dès le mercredi 5 mars, nous reprenons
donc la route en direction de Dar Es Salam.
En effet, nous avons pris un petit peu de retard pour
le rendez-vous avec Marilo et Boss, nos deux amis belges
qui font l’Afrique en vélo et que nous
avions rencontré le second jour de notre voyage
juste après Paris (www.capvelo.org).
Depuis, ils ont troqué leurs vélos contre
des sacs à dos et continuent leur voyage en Afrique.
Nous avons prévu de nous retrouver à Dar
Es Salam afin de passer quelques jours ensemble sur
le petit paradis qu’est l’île de Zanzibar.
Les plages de Zanzibar sont exceptionnelles.
Jamais, nous n’avons vu de l’eau si transparente.
De plus, quel bonheur de pouvoir partager avec Marilo
et Boss nos expériences de l’Afrique. Malheureusement,
nous ne passerons qu’une journée entière
sur l’île suite au retard pris par la maladie
de François et aussi car nous avons rendez-vous
avec Géraldine, la soeur de Pierre que nous devons
cueillir à l’aéroport de Victoria
Falls, à plus de 2500 km de Dar Es Salam, le
12 mars au matin.
C’est donc le samedi 8 mars que nous prenons
le bateau pour quitter l’île et foncer (c’est
un grand mot pour notre voiture) vers les chutes
Victoria. Dès que nous quittons les
côtes pour s’enfoncer dans le pays, la saison
des pluie est au rendez-vous et nous faisons la majeure
partie du voyage jusqu’à Victoria Falls
sous la pluie. Nous quittons la Tanzanie le lundi 10
mars pour rentrer en Zambie. Ils nous restent environ
1500 km. Et c’est là que cela devient carnaval.
Première ville Zambienne, barrage de police.
Un policier prend le permis de François, le confisque
et dresse un procès verbal de 216.000 kwachas
(55 US$) pour les trois fautes suivantes :
• Pas d’autocollants déflecteurs
à l’avant (il s’agit d’autocollants
réfléchissants blancs qui sont apparement
obligatoires en Zambie). Comment peut-on être
au courant, on vient d’arriver et personne ne
nous l’a dit ?
• Pas de triangle en cas de panne
• Phare marche arrière ne fonctionne pas
Après plus d’une heure de palabres, d’excuses,
de n’importe quoi, on nous remet nos papiers et
on part sans rien payer.
Deux cent kilomètres plus tard, nouveau barrage.
On se dit avec Pierre que l’on fait semblant de
ne pas parler anglais. Pas de chance, un des policiers
parle français.
De nouveau, procès-verbal à cause du triangle,
54.000 kwachas. On s’en tire à nouveau
mais on commence à prendre du retard et la date
du 12 mars se rapproche. On décide donc de rouler
de nuit pour rattrapper le retard. Et là, la
malchance nous poursuit, le voyant de la batterie se
remet à clignoter. Et le lundi 10 mars à
22h00 en plein milieu de la brousse zambienne, notre
voiture, pour la première fois, nous abandonne
sans pouvoir avancer. Contrairement aux policiers qui
sont imbitables, les zambiens sont très sympas.
Une camionnette s’arrête en pleine nuit
avec six personnes à l’intérieur.
Ils rechargent notre batterie et aident tous à
pousser la voiture pour redémarrer. Nous rejoindrons
la petite ville de Kapiri-Moshi à 20 kilomètres
de là pour la nuit.
Nous passerons la matinée du 11 mars dans un
garage pour fixer le problème. Le trajet continue
et là, nous tombons sur un flic qui nous a fait
bien rire sans qu’il ne le sache. Il nous fait
signe de s’arrêter et nous dresse un procès-verbal
car l’avant de la voiture s’est arrêté
au niveau de son épaule et non de sa main. C’est
donc une faute grave, nous nous sommes arrêtés
1 mètre trop loin. Cela sera vite traité
car il a du voir que nous ne le prenions pas au sérieux
et que son argument était foireux. Il nous laisse
partir.
Nous dépassons Lusaka, la capitale de la Zambie
et à la sortie de la ville, nous nous faisons
flasher. Eh oui, aussi incroyable que cela puisse paraître,
il y a des flashs en Zambie. 84 km/h au lieu de 80 km/h.
Nous refaisons nos touristes qui ne parlent pas anglais.
Après une demi-heure, Pierre lâche aux
policiers un mot en swahili enrobé dans un anglais
hésitant : « We always drive Pole Pole
(qui veut dire doucement) ». C’est l’éclat
de rire général et nous sommes repartis
sans rien payer.
C’est pas vrai, le témoin de batterie se
rallume. François chipote sous le capot et trouve
la cause : le fil de l’alternateur mal branché.
On continue donc la route en faisant des arrêts
réguliers pour rebrancher le fil.
Nous sommes le mardi 12 mars, il est 10h30, nous entrons
dans l’enceinte de l’aéroport de
Victoria Falls au Zimbabwe. Une heure après,
nous voyons poindre la frimousse de Géraldine.
Après quatre jours de route, nous sommes au rendez-vous
avec 1 heure d’avance. Même Géraldine
n’y croyait pas.
Nous passons 10 jours en compagnie de Géraldine
qui nous fait part des derniers potins belges et étrangers.
Nous posons nos valises à Victoria Falls,
la ville du côté zimbabween des chutes
Victoria. La première chose est de changer de
l’argent. Et là aussi, c’est du sport.
On vous explique. Il y a plus ou moins un moins, le
cours officiel du dollar zimbabween était de
55Z$ pour 1US$. Il a été remonté
aux alentours de 800ZS pour 1US$ et cela pur lutter
contre le marché noir où le taux atteint
entre 1200 et 1300Z$ pour 1US$. On hésite donc
pas et on trouve un changeur afin d’avoir le meilleur
prix. Il faut aussi savoir que la plus grosse coupure
au Zimbabwe est de 500Z$. On change 150US$ et on se
retrouve à compter plus de 350 billets.
Ce taux au marché noir rend la vie au Zimbabwe
très bon marché. Nous en profiterons donc
pleinement pendant cette pause de 10 jours. Nous ferons
le tour des restaurants de la ville et jamais n’hésiterons
a se rafraîchir avec une bonne Zambesi, la bière
locale.
Vcitoria Falls est un des haut lieu touristique de
l’Afrique et propose multiples activités.
Nous commencons notre séjour en compagnie de
Géraldine par la visite des chutes. Ces chutes
sont magnifiques mais il n’est pas toujours facile
de les apercevoir. En effet, il y a tellement d’embruns
(remontées d’eau) que dès que l’on
s’approche des chutes, il pleut tellement fort
que l’on ne voit plus rien. La visite se fait
donc soit en maillot de bain, soit avec de bons vêtements
contre la pluie. C’est aussi aux chutes Victoria
que nous verrons la statue de Livingstone qui a découvert
les chutes. Nous prenons quelques clichés en
compagnie de Livingstone ; un clin d’oeil au père
de Pierre qui nous a surnommé Stanley (Pierre)
et Livingstone (François).
N’ayant pas asez vu les chutes, nous décidons
de remonter le Zambèze en jetboat pour aller
au pied des chutes. Il s’agit d’un bateau
propulsé par deux moteurs énormes et qui
remontent les quatre premiers rapides du Zambèze
pour arriver aux pieds des chutes. Cette remontée
des rapides est sportive. Le panorama aux pieds des
chutes est fantastique.
Nous quittons quelques jours Victoria Falls et le Zimbabwe
pour nous rendre dans le pays voisin le Botswana.
Entassé à trois à l’avant
de la voiture, nous nous rendons au Parc National de
Chobe. Nous nous posons dans un camping juste à
côté du parc et de la rivière Chobe
qui regorgent de crocodiles et d’hippopotames.
Nous ouvrons la tente de toit pour Pierre et Géraldine
et montons une tente par terre pas loin de la voiture
pour François. Et là, en pleine nuit,
nous sommes à nouveau réveillés
par des bruits bien étranges. Géraldine
et Pierre regardent à travers les moustiquaires
de la tente de toit. François sort sa tête
de la tente. Et nous apercevons trois hippopotames broutant
paisiblement l’herbe autour de la voiture.
Le lendemain matin, nous faisons un « game drive
» dans le parc de Chobe. Nous voyons deux lions
dont un caché dans les fourrés en train
de dévorer un animal. Nous tombons aussi sur
un groupe de huit lions faisant la sieste non loin de
la rivière. Nous voyons beaucoup d’oiseaux
le long des rives du Chobe, des hippopotames (peut-être
les mêmes que cette nuit), des éléphants
et beaucoup d’autres animaux. Mais, jamais, nous
n’apercevrons une giraffe. Fait incroyable, Géraldine
repartira d’Afrique sans avoir vu une giraffe.
De retour du game drive matinal, nous prenons notre
petit déjeuner et nous sommes assaillis par une
groupe de petits singes qui ont l’air si mignons
de loin mais tellement voleurs quand ils s’y mettent.
Nous sauvons de justesse notre pain mais un singe nous
volera nos gobelets.
L’après-midi, nous prenons un bateau pour
une ballade sur le Chobe. Nous avons, entre autres,
le spectacle d’un éléphant traversant
à la nage la rivière pour rejoindre le
marais en plein milieu de la rivière et d’un
énorme crocodile se reposant sur la berge.
De retour à Victoria Falls, nous nous disons
qu’il est impensable de quitter cette ville sans
descendre en rafting les rapides mondialement connus
du Zambèze. C’est donc vendredi passé
que nous avons embarqué à bord d’un
raft pour cette descente splendide (toute la descente
se font dans les georges du Zambèze) et sportive.
C’est finalement au rapide 16b (Terminator 2)
qu’une énorme vague recouvrira notre bateau
et que Géraldine passera par dessus bord, rapidement
secourue par François pour la remonter dans l’embarcation.
Nous ne nous retournerons pas mais prendrons une bonne
dose d’adrénaline tout au long de la descente.
Comparé au rafting que nous avons fait sur le
Nil en Ouganda, la descente du Zambèze était
plus calme. Cela est du à la saison actuelle
car le niveau de l’eau est plus haut et donc les
rapides moins « abruptes » et aussi car
notre raft était plus long et donc plus stable.
C’est hier, le samedi 22 mars que Géraldine
a repris l’avion vers la Belgique. Nous profitons
de cette journée de dimanche pour ranger nos
trois giraffes de 2 mètres de long, achetées
sur le marché artisanal, que nous avons du caser
dans la voiture, et pour mettre à jour notre
site.
Demain, nous reprenons la route avec cette fois-ci,
comme destination finale Capetown,
l’objectif tant convoité de cette première
partie du voyage. Nous passerons par le Botswana et
la Namibie pour descendre plein sud vers Capetown. Nous
pensons être d’ici début avril à
Capetown pour un retour après les formalités
(avion et renvoi de la voiture en bateau) au plus tard
à Pâques en Belgique.
Nos plus belles rencontres
• Sarah de Hemptinne, qui nous a reçus
à Arusha et nous a guidés d’une
main de maître dans cette ville,
• Géraldine, la soeur de Pierre, avec qui
nous avons passés un séjour inoubliable
aux Chutes et au Botswana,
• Adam, le garagiste d’Arusha, qui nous
a rafistolé notre carroserie pour presque rien,
• Stanley, le manager des cuisines du camping
où nous logions à Victoria Falls. Chaque
soir où nous sortions, on le rencontrait dans
un bar où une boîte et ils passait la soirée
avec nous.
• Les policiers zambiens corrompus qui ne parlaient
pas anglais.
Photos
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